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 Estampe de Francis Rollet (4ème de couverture)

 

 

Mémento à l'usage des auteurs

 

 

Au sommaire du n°25, à paraître en octobre 2019  :

Couverture : Sophie Degano

Escale : Miloud Gharrafi, poète de langue arabe, romancier et traducteur (dossier de Louis Bertholom)

Avis de tempête / Taol Kurun : carte blanche à Georges Cathalo

Mémoire : Anatole Le Braz (1859 - 1926)

Points de vue : Entrer dans le paysage, de Georges Drano (Folle Avoine, 2018), lu par Georges Cathalo,  Marie-Josée Christien et Jacques Josse.  

Chroniques sauvages :

Nuits d'encre, par Marie-Josée Christien

Passages, par Guy Allix

Revues d'ici... et d'ailleurs

Armand Robin et Georges Brassens (3), par Jean Bescond : Armand Robin dans les lettres de Brassens. 

Vagabondages : articles de Jean-Louis Bernard,  Claire Fourier, Jacqueline Saint-Jean, Gérard Cléry, Patrice Perron...

Tamm-Kreiz : Jean-François Mathé

La Légende de la Mort du temps présent : 26 auteurs ;   (ordre alphabétique) Guy Allix, Marc Baron, Louis Bertholom, Marie-Claude Bourjon, Alain Brissiaud, Annie Cariou, Marie-Josée Christien, Gérard Cléry, Chantal Couliou, Hélène Decoin, Jean-Marc Gougeon, Anne Guerber-Jézéquel, Michelle Labbé, Emmanuelle Le Cam, Mérédith Le Dez, Jean-Luc Le Cléac’h, Brigitte Maillard, Pierre Maubé, Roland Nadaus, Lydia Padellec, Patrice Perron, Morgan Riet, Jacqueline Saint-Jean, Philippe Simon, Sydney Simonneau, Olivier Verdun. 

 

Appel à textes : 

La Légende de la Mort du temps présent 

  Est-il aujourd’hui tabou plus grand, déni plus flagrant, que celui de la mort ? Cachée de nos bonnes consciences derrière les murs désignés de quelques initiales aseptisées et anonymes, elle est devenue embarrassante et honteuse. Il est devenu de nos jours plus commun et facile de s’exprimer sur la sexualité, même s’il y a beaucoup à redire sur la manière, souvent grossière et malsaine, que sur la mort. On édulcore, on évoque pudiquement « la disparition » d’un proche. Nos morts nous « ont quittés », « sont partis », « se sont éteints », « ne sont plus » ou « ont disparu ».  Même quand un décès survient à un âge avancé, on croit bon d’ajouter la circonstance d’une maladie pour explication, comme si la mort ne pouvait plus être naturelle.

  En 1893, Anatole Le Braz faisait paraître La Légende de la Mort (1), fruit de son long collectage de témoignages, de récits et  de chants populaires de la tradition orale en langue bretonne, où anaon (2),  revenants,  intersignes et présages faisaient partie du quotidien ordinaire. Cette somme, qui se réfère aux rites, aux croyances et aux coutumes funéraires en usage chez les paysans et les marins de son époque, témoigne d’un imaginaire collectif resté vivace, d’une riche vision du monde transmise depuis des siècles par les voix anonymes précédentes. Ainsi la figure de l’Ankou (le mot est masculin), héritage d’une mythologie ancienne, symbolise avant tout  le cycle de la vie et de la mort. La conscience de la mort est universelle. Elle n’est pas propre à la culture bretonne. On retrouve des mythes et  des symboles sur la relation à la mort sous toutes les latitudes, dans toutes les civilisations, en particulier chez les peuples animistes et orientaux.

  Le déni de la mort, conçue comme un  accident sur le parcours d’une vie matérielle qu’on aimerait éternelle, est bien une marque de la société inhumaine et éclatée de notre vingt-et-unième siècle occidental. Que faut-il comprendre dans ce refus de voir que la mort est la destination inévitable au bout de nos vies ? La  manière de concevoir et d’aborder la mort en dit long sur le degré de cohésion et d’humanité de toute société. En occultant la mort, la nôtre révèle un manque évident de lucidité sur ce qu’est l’existence. En séparant la mort du cycle de la vie, celle-ci est devenue mortifère, car elle nous interdit tout apprentissage de notre finitude. 

  La littérature des siècles précédents, y compris du 20ème, nous a pourtant donné un vaste référentiel de textes essentiels sur la mort, de Sénèque à Cioran, de François Villon à Xavier Grall. Citons aussi Rabelais, Christine de Pisan, Pascal, Novalis, Baudelaire, Rimbaud, Rilke, et, plus près de nous, Saint-Pol-Roux, Eluard, Paul Celan, Senghor, Danielle Collobert, Georges Perros… Le minimum que nous puissions faire aujourd’hui est de ne pas participer au déni sémantique général, car « mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde » comme l’écrivait Albert Camus en 1944. La mort n’est certes pas l’objet de notre existence mais il serait vain d’ignorer que nous ne sommes que de passage. Poètes et artistes, écrivains, penseurs, serons-nous collectivement capables de relever le défi ou nous enfoncerons-nous dans la spirale inexorable de l’aveuglement ?

  Retrouvons notre mémoire et renouons avec  la dignité des mots justes. Un imaginaire collectif existe quand il sait se confronter aux interrogations, aux désirs, aux tourments de son temps et se transformer sans cesse. En trouvant les mots pour penser et dire la mort de notre temps, nous découvrirons humblement que notre vie est certes précaire, mais précieuse. Et pleinement conscients de notre finitude, loin de toute morbidité, nous qui sommes de passage saurons que nous sommes mortels et, ô combien, intensément vivants (et plus heureux de cette lucidité même) ! Ainsi se poursuivra La légende de la Mort du temps présent.

Marie-Josée Christien 

(1) A noter que, malgré son titre,  La Légende de la Mort n’est pas un recueil de contes et légendes.

(2) Mot breton pour désigner à la fois les défunts et les âmes. 

 

Consignes et conseils pour les auteurs désirant nous expédier des textes

  1. Avant toute chose, avant tout envoi, bien relire votre texte, le faire relire au besoin, pour éliminer les fautes d'orthographe et de saisie. Evident ? Eh bien non... au vu de ce qui est expédié sans complexe à  la rédaction.  
  2. Ne pas dépasser 3 pages ( soit 30 lignes par page, titre et lignes blanches comprises) pour les poèmes, et 9000 signes pour les nouvelles, les récits et textes en prose.
  3. Envoi du texte en un seul fichier uniquement word (times new roman, corps 12) comprenant une notice courte (3/4 lignes, soit 300 signes) qui précise date de naissance, lieu de vie, derniers ouvrages publiés.
  4. Fichier illustrations et photos : jpeg (pas de pdf)
  5. Nomination du fichier (et non l'objet du courriel comme plusieurs auteurs l'ont compris) sur le modèle :  Dupont, SG n°25 (avec votre nom à la place de Dupont, sauf si vous vous appelez Dupont ! ) Ceci pour éviter qu'il ne s'égare et pour qu'il parvienne bien aux membres du comité de lecture (et se classe dans l'ordre alphabétique au téléchargement).
  6. Ne pas proposer de mise en page qui ne supporterait pas le transfert dans le format de la revue. 
  7. Adresse d'envoi : spered.gouez@orange.fr
  8. Toute collaboration, y compris pour les photos et illustrations, est à titre bénévole.
  9. L'élaboration d'un numéro se fait à partir d'un appel à textes publié sur cette page. Tout texte qui nous sera expédié devra se rapporter explicitement au thème de l'appel à textes.
  10. Il est vivement recommandé de lire au moins un numéro de Spered Gouez, avant tout envoi. Les auteurs expédient  trop souvent leurs textes à l'aveugle. Nous en recevons ainsi une quantité importante  sans rapport avec notre attente.
  11. Spered Gouez souhaite un minimum de connivence  dans la démarche.  Nos auteurs sont aussi nos lecteurs et partagent avec nous "l'esprit sauvage".
  12. Les textes sont lus par un comité de lecture, composé de grands lecteurs passionnés par la  littérature, l'art et la poésie. Ils sont classés dans l'ordre du choix du comité de lecture. La responsable de rédaction puise ensuite dans cette liste en fonction de la place disponible. 
  13. Les critères de sélection sont, outre une réelle  proximité avec l'esprit sauvage, la qualité de l'écriture (alliant lisibilité et exigence) et la recherche de sens. 
  14. Marie-Josée Christien, responsable de rédaction qui compose le numéro, accorde une grande attention à l'harmonie de  l'ensemble et veille à ce que les textes soient en synergie et forment une partition collective.
  15. La rédaction reçoit de plus en plus souvent des manuscrits, parfois volumineux. Or Spered Gouez ne publie pas de recueils, ni d'essais, ni de romans. Nos  "hors-série" sont toujours des ouvrages collectifs et thématiques. Merci d'en tenir compte.

Questions le plus souvent posées par les auteurs

  • La plupart du temps, une lecture de notre site ou de la revue permet de trouver la réponse.
  • Délai de réponse : les textes étant en lecture à partir du 15 avril, les auteurs retenus verront leur nom publié ici même à partir de juin.
  • Conseils pour l'édition : les auteurs recherchant un éditeur nous sollicitent  souvent pour des conseils. Nous vous recommandons le site de L'Oie Plate qui est une aide utile pour les auteurs en quête d'éditeur. Voir l'adresse sur la page suivante du site.
  • Lire aussi la carte blanche à Pierre Maubé sur Poézibao: Comment publier ses poèmes? Si certaines des adresses sont périmées (disparitions, déménagements), les conseils demeurent d'actualité:
  • http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/12/carte_blanche_p.html
  • Nous ne sommes pas conseillers littéraires et nous ne souhaitons pas l'être. En conséquence, nous ne faisons aucun commentaire sur les textes que nous ne retenons pas. Un texte refusé par Spered Gouez ne présage en rien de la qualité de celui-ci. Cela signifie seulement qu'il ne convient pas au numéro que nous préparons.
  • Quelques personnes ont demandé  à la rédaction comment faire pour poser sa candidature pour le dossier Tamm Kreiz. Justement, il n'y a rien à faire, seulement attendre d'être sollicité(e). L'initiative de la sollicitation revient à  la rédaction qui souhaite mettre en lumière un auteur discret mais à l'oeuvre déjà solide et affirmée, en cours de construction, qui possède son univers singulier. Les invités sont  désormais des auteurs, plus particulièrement poètes, à qui la parole a été jusque là peu donnée, en leur permettant de faire le point sur leur parcours. Le critère essentiel est la proximité avec la revue et sa démarche. Tamm Kreiz n'est pas un hommage à un poète déjà consacré.